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Daniel Broche
Manipulating search engines for profit become a serious problem (Brin & Page 2000)

ecommerce: Comment soutenir le secteur ?

Daniel Broche #e-commerce finance

Les premières propositions émergent afin de soutenir l'e-commerce dans le cadre des assises du numérique:

  • Promotion statut auto-entrepreneur
  • Offre de paiement sécurisé en ligne (si c'est pour le marchand la sécurité, c'est très utile)
  • Conditions générales de vente type

Les premières critiques qui vont avec, apparaissent aussi.

Aujourd'hui s'est tenu l'un des deux ateliers de travail organisés par la FEVAD. L'exercice est difficile de répondre aux besoins de la profession: des petits et moyens sites e-commerce, jusqu'aux gros purs-players en passant par les VADistes traditionnels en pleine mutation.

C'est vrai qu'à part demander des subventions directes ou indirectes (et donc creuser les déficits), il faut se creuser la tête si on veut trouver de bonne formules pour soutenir un secteur émergent et en constante transformation !

De plus, si le marchand voit rapidement son intérêt via son chiffre d'affaire et sa marge, quels sont de l'autre côté les objectifs recevables pour l'Etat ?

  • Favoriser la création de nouveaux emplois qualifiés et pérennes
  • Accompagner la mutation de certains tissus économiques (VAD historique) de façon à ne pas se retrouver avec des quantités de séniors au chômage
  • Permettre l'émergence de champions européens voire internationaux qui vont aider à équilibrer la balance du commerce extérieur
  • Réduire l'impact environnemental de la distribution
  • éviter tant que faire se peut la délocalisation à l'étranger des sociétés, c'est à dire la fuite des recettes pour l'état (IS, TVA...)
  • Faire remonter la côte du gouvernement en faisant de la bonne com' à peu de frais

On peut en rajouter encore (promotion de la culture et de la langue française, faire rentrer plus d'impôts...) mais cela me semble déjà un point de départ suffisant.

Le but de l'exercice proposé par Eric Besson est donc de formuler des idées qui fassent converger les deux points de vue.

Beaucoup de choses très intéressantes. ont été dites par les intervenants. Voici quelques extraits:

Sophie Nerbonne (CNIL): A souligné les progrès autour de la collecte et opposition au stockage de données personnelles. Reste à devenir plus réactif pour les problèmes de sécurité ?

Etienne Drouard (avocat): Nombreuses incohérences dans les droits régissant la gestion des bases clients au sein des filiales d'un même groupe ou entre les pays. Une harmonisation européenne serait utile pour mieux valoriser les bases clients et les marques en e-commerce.

Philippe Guillermin (DGCCRF): A reconnu bien volontier qu'il ne fallait  pas faire un usage détourné du baromètre des plaintes car celui ci aggrège beaucoup d'autres activités avec l'e-commerce. 1/3 des plaintes considérées comme vente à distance par la DGCCRF sont en fait des contrats de téléphonie mobile...

Frederique Pfrunder (CLCV): S'interroge sur la fiabilité des informations dans les forums et souligne la vulnérabilité du consommateur.

Patrick Jacquemin (RDC): A fait le show en dénonçant pèle-mêle les problèmes de transport (l'état se défausse sur les e-marchands de la non qualité qu'il n'arrive pas à imposer à la Poste...), les coûts de la loi Chatel (plus de 500k€ chez RDC...), les faibles marges du secteur (entre -0,5 et 1,5 en 2006) qui interrogent sur le placement du curseur entre confiance et pérennité du service.

Benoit Tabaka (Priceminister): A conclu en incitant à l'auto-régulation, plus propice à suivre le rythme des innovations que la loi.

Reste quelques questions en suspens que je me pose:
- Comment développer une entreprise et un marché sereinement quand une seule entreprise peut décider de la pluie et du beau temps: Google ? N'est il pas temps que l'Union Européenne se saisisse du sujet des moteurs de recherches depuis si longtemps repoussé ?

- L'autorégulation peut elle apporter une solution à la fiabilité des avis sur le net ou faut il réfléchir à un système similaire à l'hôtellerie ou c'est le ministère qui donne les étoiles ?

Une autre atelier aura lieu la semaine prochaine. En attendant chacun peut y aller de ses suggestions sur le wiki des assises du numérique.

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Rogers 21/12/2012 16:32

Google devient un vrai problème et il est vrai qu'aujourd'hui aucune alternative nous est proposée. J'ai subi il y a peu les foudres de Google, 3 mois avec 30 à 50% de trafic en moins en provenance du géant, ce qui représente une perte énorme pour ma TPE (environ 20 à 30% de CA en moins).
Concernant Quaero, on nous en a fait tout un effet d'annonce mais à ce jour, le projet semble être tombé à l'eau, aucune avancée notoire n'a été donnée ces derniers temps. C'est vraiment dommage.

Olivier (42stores) 21/12/2012 16:32

Quelle série d'Oliviers... et encore il y en a au moins 2 autres qui cause régulièrement ecommerce !
Plus sérieusement, Google est évidement un gros risque pour toutes les activités commerciales sur Internet. D'autant plus que les internautes tapent de moins en moins l'adresse directement dans la barre d'adresse, mais dans le champs recherche.
Les moteurs de shopping pourraient être une bonne idée pour luter contre la suprématie de Google, malheureusement ils sont très morcelé, peu fiable, sujet à de nombreuses critiques. Et le plus important, personnellement je trouve qu'il n'apporte pas un service suffisant à l'internaute.
Quaero, le projet européen annonce fièrement sur son site "Le consortium Quaero démarre un programme collaboratif de recherche et développement sur cinq ans"... il pense qu'il va falloir trouver un autre concurrent à Google !
Pour les propositions, je soutiens évidement le statut auto-entrepreneur (qui va vraiment dans le bon sens pour 42stores) ainsi que les CGV type.
Le paiement sécurisé en ligne est évidement un gros soucis sur certain produit, mais sur d'autre cela ne pose aucun probleme. J'ai bien peur que la solution ne soit pas très simple à trouver. En tout cas, c'est du coté bancaire que cela doit avancer : des solutions techniques existent, mais c'est leur généralisation qui tardent.

Olivier b 21/12/2012 16:32

Daniel
Je partage totalement tes inquiétudes concernant Google.
Par ailleurs (mais c'est mon obsession) je pense que le soutien au e-commerce doit passer par l'éducation du consommateur au moins autant que par l'encadrement du e-commerce.
Ce mode d'achat est nouveau, il faut expliquer ses corollaires.
Il faut expliquer au consommateur ses droits mais aussi ses devoirs.
Il faut donc lui apprendre à lire, comparer, s'informer, trier, comprendre, faire la part des choses... et à ne plus imaginer, croire, penser que, avoir entendu que, avoir lu que sur le forum pimpin.com, croire que le transporteur peut livrer à 12H37 précises etc...
Bon d'accord c'est plus facile à dire qu'à faire...

Olivier S 21/12/2012 16:32

A propos de tes 2 questions :
1) il me semble que la France et l'UE soutienne un projet de grande envergure, appelé Quaero, qui devrait être une sorte de Google européen. Mais sa mise en oeuvre me semble assez critiqué (pas par moi, je n'ai aucun avis là dessus)
2) pour ce qui est de la fiabilité des avis, des systèmes d'auto-régulation existe, comme la notation des commentaires et des avis par les autres internautes, ce qui permet de faire un tri "intelligent" des données. Toutefois, on est quand même en train de redécouvrir que les avis de professionnels, experts, reconnus dans leurs domaines, clairement identifiés, pouvaient aussi avoir du bon dans leur capacité à émettre des jugements et des contenus que je qualifierais d'"intéressants". La Loi de Paretto s'applique également à la longue traîne. Exemple : sur un site d'avis, 20% au mieux ont une réelle valeur.
Concernant les propositions du ecommerce pour les assises, les 3 propositions de départ apparaissent comme toute riquiqui par rapport au reste du programme, comme je l'ai dit sur mon blog, mais j'avoue, là non plus, ne pas avoir creusé la question.
Ce qui manque, si je peux me permettre de me lancer tout à trac, c'est peut-être un programme d'évangélisation aux nouvelles technologies pour les entrepreneurs, qui ont du mal à imaginer tout ce qu'il pourrait faire avec le web ou, à contrario, qui imaginent qu'il va être très facile de faire du ecommerce avec très peu de moyens. Je parle des petits entrepreneurs. Je suis en train de comprendre qu'au sein des grandes entreprises, peu de gens étaient également apte à comprendre la plupart des nouveaux concepts qui naissent, pour une grande part, aux USA.
Former et faire mieux connaître le nouveau web (2.0 ou 3.0 ou je ne sais quoi) pourrait également être une bonne proposition.

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