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Daniel Broche
Manipulating search engines for profit become a serious problem (Brin & Page 2000)

Autoriser le dopage pour les sports professionnels ?

Daniel Broche #Actualité
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5 cerchi - 1 spirito
Originally uploaded by alez italy.

Question provocatrice pour un sujet complexe souvent traité de manière simpliste:

Il est acquis dans tous les medias que les coureurs les plus rapides du Tour de France sont de méchants tricheurs.
On a pu entendre parler pendant près d'un mois de dopage dans tous les media, avec à la clef le verdict plein de bon sens: Le cyclisme doit faire le ménage.

Est il possible de professionnaliser un sport sans favoriser le dopage ?

La définition du dopage se fait sur deux critères (je vous recommande vivement la lecture complete de l'article de Wikipedia):
Utiliser des méthodes auxquelles d'autres n'ont pas accès pour améliorer ses performances
Utilise des produits dangereux  pour améliorer ses performances

Si je me fais l'avocat du diable:

  • Pourquoi aurait on le droit de conserver le secret sur le moteur de sa formule 1, de l'aérodynamisme de son voilier ou encore du fart sous ses skis, mais pas des substances consommées ?
  • Pourquoi adore t'on le sportif qui met sa vie en péril quand il traverse le pacifique en solitaire ou grimpe un 8000m, mais pas quand il s'agit de traitement chimique. La mort fait partie du sport.

A moins d'une rhétorique périlleuse sur le sacré du vivant, la solution la plus évidente à ce paradoxe c'est que l'argent n'a rien à faire dans le sport. Ou alors il faut accepter le dopage et l'encadrer.
C'est exactement ce qu'on fait les équipes du Tour de France depuis des années.
La faute n'est pas tant au sportif qu'au sponsor.

Le choix est tellement inhumain et complexe que personne ne peut et ne veut véritablement trancher. Finalement la solution viendra peut etre de là ou l'on ne l'attend pas. Avec l'explosion du paysage audiovisuel face au web, les droits de retransmission et le sponsoring ne vont peut être plus rapporter autant. Du coup le Tour de France et de nombreux sports professionels devront s'imaginer autrement !

Plus j'y réfléchis et plus il me semble clair qu'après la musique et le cinéma, il serait tout à fait logique que le sport effectue sa petite révolution face au web. Il y a tellement de sports intéressants et désintéressés qui ne peuvent pas toucher leur public à la TV. Pourtant il suffirait que le public se réveille pour que tout s'écroule en quelques mois ! La longue traine et le peer to peer ça marche aussi avec le curling et la pétanque...

Pourquoi pas à l'occasion des JO de 2008 ?

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gode 21/12/2012 16:32

Ou on supprime le Tour, ou on arrête de parler du dopage. On sait aujourd’hui que les sportifs sont transformés en machines mécaniques pour gagner. Comment explique-t-on le progrès des records ?
L’entraînement physique ne suffit pas; l’homme n’a pas changé depuis la préhistoire, mais on a appris à transformer son corps. Alors la question se pose : quel est le dopage légitime et le dopage illégitime ? Sans oublier les questions de fric.

Olivier 21/12/2012 16:32

A mon avis, il sera plus facile de s'arranger pour que tous les habitants de la planète accèdent tous les jours à trois rations de nourriture, incluant de l'eau, que d'éradiquer le dopage dans le sport professionnel.
Notez bien que j'ai dit professionnel et pas amateur.
Est-ce que l'on demande à un patron d'entreprise, voire même un ouvrier, un acteur, un chanteur ou un musicien de pisser dans un gobelet avant ou après le travail ? Non. Alors pourquoi dans le sport-spectacle-professionnel on le fait ?
La chasse au dopage est dangereuse car elle ne gagnera jamais, mais laissera bon nombre de personnes sur le carreau avant leurs vieux jours (pensez à tous ces sportifs morts de ne pas savoir ce qu'ils ont pris). Les tricheurs, dans ce domaine, auront toujours une longueur d'avance. Ne venez pas me dire que vous pensez que les vainqueurs du Tour de France de 97 à 2007 étaient blancs parce que chaque année, on proclamait que le tour était propre.
Alors comment s'en accomoder.
En fait, la libéralisation de la prise de substance chimique ou naturelle avant les compétitions peut avoir deux effets positifs :
- d'abord, pour les jeunes qui veulent se lancer dans cette carrière savent, au moment de faire le choix, que pour gagner, il va falloir y passer (ce qui est le cas aujourd'hui, de manière très hypocrite, non?). Un meilleur (un autre) choix peut donc être fait avant qu'il ne soit trop tard. Mais en étant franc, il n'y a aucune mauvaise surprise à aucun moment. Ca s'appelle de la transparence.
- ensuite, en libéralisant ces pratiques, les produits pris par les athlètes pourraient être répertoriés et leurs effets analysés à grande échelle, permettant de créer ou d'améliorer des médicaments ou des traitements permettant de sauver des vies. L'EPO, par exemple, est très utilisée en hôpital.
Bon, voilà, c'est mon avis résigné.

Daniel 21/12/2012 16:32

100% d accord
sauf que le sponsor n'a aucun interet a etre visible sur un leader défaillant
pas bon pour l'image de marque
ce qui compte c'est le temps de visibilité a l'antenne. Peu importe le spectacle
tant qu'une chaine peu apporter un max de telespectateur, ça fonctionnera ainsi. D'ailleurs la F1 est tres regardée meme si les grands prix sont ennuyeux à mourir
Avec la fragmentation de l'audience on peut esperer que le spectacle redevienne un critere indispensable à l'audience et la visibilité !

Martin 21/12/2012 16:32

Mais justement, le dopage tue le spectacle.
Ce qui fait le spectacle dans un sport comme le cyclisme, ce n'est pas forcément la performance, mais la défaillance. Je m'explique : on se moque qu'un peloton grimpe un col à 48km/h ou qu'il le fasse à 50km/h. Ce qui compte, c'est la défaillance de tel ou tel leader.
Le dopage a supprimé la défaillance des coureurs.
Ces dernières années, Armstrong avait course gagnée dés la 1ère journée de montagne. Ensuite, c'était un long fleuve tranquille vers Paris.
Légaliser le dopage (qui coute cher), ça reviendrait à donner un merveilleux avantage aux sportifs les plus riches, à savoir ceux qui ont le meilleur sponsor.
On arriverait alors à une situation identique à celle de la F1 : ce ne sont pas les meilleurs pilotes qui l'emportent, mais simplement ceux qui ont la meilleur voiture.
Et ces dernières années, la F1 n'était pas un exemple de suspens et de spectacle.

Daniel 21/12/2012 16:32

Nico> la marque qui sponsorise le sportif professionnel que tu regardes, elle s'en fiche de l'action, elle recherche la performance qui va la mettre en avant
Or c'est bien la le souci dans les sports pro: C'est les sponsors qui passent avant les spectateurs tels que toi ou moi qui préfèrerions moins de triche et plus de valeurs
Je note que personne n'a réagit à la fin de ma note sur l'érosion du modele du sponsoring avec la chute des audiences...

Nico 21/12/2012 16:32

Je suis a 150% contre la légalisation du dopage. Ca reviendrait a legaliser la triche.
Si on legalise la triche, on autorise les pompes au bac, copier sur le voisin par exemple.
Je m'en fous des performances, du moment qu'il y a de l'action.
Je regarde les epreuves pour la beauté du sport pas pour voir des records pleuvoir à chaque fois. S'il y en a c'est bien mais c'est pas necessaire.

Guillaume 21/12/2012 16:32

Pas mieux.
C'est une belle hypocrisie, vu qu'un paquet de spectateurs veulent, comme leur nom l'indique, du spectacle. Et pas forcément apprécier une course/un match pour la beauté du geste, le plaisir qu'en tire les participants, le suspense, etc. Et pour du spectacle, il faut de la performance, de l'inédit, de l'inouï, du jamais vu. J'en remets une couche, où ça va ? :-)
Mais on peut difficilement jeter la pierre aux spectateurs, vu qu'on vit dans une société qui exalte la performance et la réussite. Sur le plan professionnel, amoureux, économique pour un pays, et sportif donc. La morale de l'histoire, c'est un peu "Tu peux tricher, on s'en fout, mais te fais pas prendre sinon tu te feras lyncher".
Pour les liens un peu douteux et l'importance de l'argent dans tout ça, il suffit de voir que l'organisateur du tour de France (et du Paris-Roubaix, et du Paris-Nice) est Amaury Sport Organisation, appartenant au Groupe Amaury, qui édite entre autres L'Equipe et le Parisien. Ce n'est sans doute pas demain la veille qu'on verra ces deux canards boycotter ces épreuves...
Le parallèle avec l'art est un peu rock'n'roll, je trouve, dans la mesure où si certains grands et moins grands artistes se camaient et se cament, ce n'est pas dans un but matérialiste tel qu'améliorer leurs performances (et donc in fine leurs revenus), mais plutôt un moyen de transcender la réalité, ou d'y échapper.
Sur l'intrusion de la mort, revoyons donc Rollerball ! Je ne pense pas que ce soit la dangerosité potentielle du dopage qui fasse pousser des cris d'orfraie. La mort aurait plutôt tendance à attirer des spectateurs qu'à les faire fuir.
En parlant de sport...Un petit Laser Quest ? :-)

Daniel 21/12/2012 16:32

François > Je suis entièrement d'accord avec toi sur l'importance de la dimension éducative du sport. Et même en ce qui me concerne la pratique sportive est aussi une recherche de mes limites pour tenter de mieux me surpasser.
Qu'on se comprenne bien: c'est justement la professionnalisation du sport qui me semble antinomique avec tout cela. A partir du moment ou sportif devient un métier, il y a dilemne entre gagner son pain et donner l'exemple. Bien sur qu'il est possible de faire les deux mais le système n'y pousse pas. Bien au contraire il mettra en avant le dopé.
Donc pas spécialement le sport spectacle qui est a remettre en cause, mais plutot le sport comme métier...

François 21/12/2012 16:32

Le sport a aussi une fonction éducative, au sens où il est sensé donner l'exemple aux plus jeunes pour qu'ils comprennent que l'effort est nécessaire en tout pour réussir, au delà de ses seules capacités innées.
Autoriser et accepter le dopage, c'est faire passer le message comme quoi ce n'est pas le sportif le plus méritant qui gagne, mais celui qui a la meilleure drogue, celui qui triche le mieux... C'est un choix de société, qui n'est pas le mien, même si je suis conscient que la réalité est plus complexe que ça.
Le parallèle avec la F1 n'est pas le plus juste sur ce point, car c'est précisément un sport dont l'organisation est très contestable: aux USA, l'équivalent qui est la formule Indy permet à des écuries d'avoir les mêmes chassis voire les mêmes moteurs que ses voisins, ce qui redonne au pilotage (et donc au pilote) toute sa valeur, et limite considérablement l'escalade des coûts (et donc des sponsors que doivent ramener les pilotes).
Pas étonnant que des français brillent en Indy (cf. Sébastien Bourdais), vu qu'on n'est pas plus mauvais que les autres (cf. Prost, Depailler, Lafitte et même soyons fous Alesi :-), alors qu'il n'y en a plus un seul en F1...
C'est donc la façon dont le sport-spectacle est organisé qu'il faut revoir, sport par sport, plus que l'acceptation des dérives dont il est l'objet.
Enfin, pour ce qui est du rapport supposé de la mort avec le sport, je te laisse consulter un psy! ;-)

RMS 21/12/2012 16:32

Amusant, je tenais exactement ce discours à quelques amis récemment... Je me suis fait incendier ! Je trouve personnellement amusant de remarquer que le sport est peut-être le dernier domaine dans lequel la performance se doit d'être "saine" ! On se moque de savoir que Verlaine, Rimbaud, Manet, Degas ou Van Gogh se soient défoncés à l'absinthe pour touver l'inspiration ! On ne reprocherait jamais à Bob Marley de fumer à en perdre la raison et les exemples sot encore très nombreux ! En revanche un sportif qui augmenterait ses performances de manière "non naturell" serait un tricheur. Alors qu'on sait bien que le terme "nature" est ambigu puisque deouis tous les temps les sportifs dépassent leurs limites en utilisant des subterfuges divers (s'entrainer en altitude par exemple pour augmenter la teneur en globule rouge du sang ou être enceinte pour développer sa production d'hormones).

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