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Daniel Broche
Manipulating search engines for profit become a serious problem (Brin & Page 2000)

Le bruit et l'odeur

Daniel Broche #Actualité

Le débat sur la loi DADVSI m'a inspiré une analogie et la lecture de differentes tribunes m'a fait un peu évoluer sur la question.

Le problème dans cette affaire c'est que d'un côté les distributeurs considèrent la vente de musique comme la vente de pain ou de machines à laver alors que la musique est immatérielle.
De l'autre côté les promoteurs du Peer-to-peer ne veulent pas de frein économique à la diffusion de la culture sans considerer que maintenir la diversité à un prix.

Toute la question est de savoir comment doit être payé le prix de la diversité.

Et si la musique était un parfum qui se diffuse éternellement ?
L'approche du distributeur est similaire à celle d'un parfumeur: Il repère des essences naturelle ou en synthétise de toute pièce, les assemble de manière industrielle et vend des boîtes dont le contenant représente 5% du prix et l'emballage + la pub 95%.
Néanmoins il permet de parfumer son interieur pour éviter que ça sente le phoque.

L'intégriste du peer-to-peer serait plutôt du genre à revendiquer la liberté de ceuillir toutes les fleurs qu'il voit pour faire des bouquets pour sa dulcinée, sa famille et ses proches.

Depuis bien longtemps on peut acheter du parfum sans pour autant que les parfumeurs ralent si on cueille un bouquet lors du pique-nique du dimanche a la campagne. Alors ou est le probleme ?

Le probleme c'est que dans ce genre d'allégorie, Internet est un peu une sorte de moyen de téléportation qui serait tout à coup mis à disposition d'une certaine partie de la population.
Un truc incroyable qui boulverse vraiement la façon de faire habituelle !
You can access what you want when you whant ! Même les plantes. Alors pourquoi ne pas l'utiliser pour aller chercher un bouquet de lilas bien naturel au lieu d'un spray dans la supérette du coin ?

C'est là que notre vendeur de déodorisant va monter au crénau pour hurler au saccage écologique de nos campagnes et à la nécessité de préserver l'écosystème !! Il n'a pas complètement tord car si tout le monde se met à ceuillir n'importe ou n'importe comment on va vite faire disparaitre des champs entiers de fleurs au profit des mauvaises herbes...

Autre problème: Celui qui ne dispose pas d'internet, très bien s'il habite à la campagne et qu'il a accès à un champ pres de chez lui.

- Que se passe t'il pour le citadin, qui n'a que 300m² d'espace vert dans sa ville avec 4 tulipes qui se courent apres ? Doit il être privé d'acheter chez le parfumeur qui a fait faillite car son industrie n'est plus rentable s'il n'a pas de moyen de téléportation ?

Ce premier cas est similaire à celui qui n'aura pas acces à internet apres une légalisation du peer to peer. Les couts de revient restant les memes pour la FNAC, les prix des CD devraient monter pour ceux qui n'ont pas les moyens d'accès au web et au peer-to-peer.
C'est le premier obstacle lié à la fameuse et réelle fracture numerique dans le pays.

- Instaurons un impot floral qui permet à chacun de cueillir les fleurs qu'il veut et dont les sommes permettrons de planter de nouvelles pousses et payer les jardiniers. Ok mais qui va jardiner ? Et qui va décider des fleurs qui seront plantées ? Si on souhaite de nouvelles variétés exotiques comment le fait on savoir ? Et si je veux cultiver du cannabis ai je le droit de toucher une part de revenu ? ...

Ce second cas relève de la proposition de licence globale.
Logique du point de vue économique. La moins mauvaise solution en sorte mais qui soulève des questions d'organisation du nouveau systeme non triviales.

  • Pourquoi les FAI ne proposeraient pas un Kazaa-like standardisé pour mesuré les echanges gratuits et retrouver les artistes à rémunérer ? Instaurer rapidement une solution type la licence globale en France permettrait de développer un standard qui atteindrait rapidement la taille critique pour bénéficier de l'effet de reseau si important dans ce secteur.
  • Comment être sur les nouveaux artistes pourront trouver des relais sur la toile afin de trouver leur audience si personne n'a un minium de moyens pour structurer l'accès à l'offre musicale ?
  • Qui pourrait décreter que tel ou tel mouvement musical nécessite un effort plus particulier afin de ne pas disparaître (musique traditionnelle par exemple) ?
  • Quel recours aurait l'artiste face à la rumeur qui peut se répandre de façon complètement incontrolée et décuplée sur le web s'il n'a pas les moyens d'utiliser les media a forte audience ? (ex: annulation de concert). Maitrisera t'il toujours l'échange avec son public si important ?

Je passe la question des DRM qui est à mon avis une impasse totale et aussi scandaleux que de poser un brevet sur les plantes que l'on a decouvert. Mais n'est ce pas ce que vise une autre industrie...

Voilà quelques questions que je me pose actuellement dans le cadre de ce débat passionnant sous un angle que j'espere vous avez trouvé original et moins abstrait...

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